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Des Accidental Americans français ont contesté le transfert de leurs informations financières vers les États-Unis dans le cadre de FATCA. La plus haute juridiction administrative française a désormais rejeté une demande visant à suspendre temporairement ces transferts. Pour l’instant, les données financières collectées en France continueront donc d’être transmises à l’IRS. Mais le débat européen plus large autour de FATCA, de la vie privée et de la protection des données est loin d’être terminé.
Pour les Américains et les Accidental Americans vivant en Europe, FATCA peut avoir des conséquences très concrètes.
Les banques et autres établissements financiers identifient certains clients comme des U.S. persons et transmettent des informations concernant leurs comptes financiers. En France, ces informations sont d’abord communiquées à la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), qui transmet ensuite les données concernées à l’Internal Revenue Service (IRS) américain.
Ce système repose sur l’accord FATCA conclu entre la France et les États-Unis le 14 novembre 2013.
En août 2026, le débat juridique autour de ces transferts de données est entré dans une nouvelle phase.
Le 19 août 2026, une procédure a été engagée devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française.
L’objectif était d’obtenir la suspension temporaire de l’envoi automatique à l’IRS de données bancaires et fiscales collectées en France.
La procédure faisait suite à une demande antérieure adressée au gouvernement français. En juin 2026, le ministre de l’Économie et des Finances avait refusé de suspendre l’application de l’accord FATCA franco-américain.
L’affaire a donc été portée devant la justice.
Le quotidien économique La Tribune a mis en évidence l’une des principales questions soulevées par ce dossier : la France peut-elle continuer à transférer ces informations vers les États-Unis alors que la protection de transferts similaires est contestée au regard du droit européen ?
Le processus commence auprès des établissements financiers français.
Les banques identifient les clients considérés comme des U.S. persons au regard des règles FATCA. Elles transmettent ensuite les informations concernant leurs comptes à la DGFiP, plutôt que directement à l’IRS.
L’administration fiscale française transmet ensuite les données requises aux États-Unis.
Selon le type de compte, les informations déclarées peuvent notamment comprendre :
FATCA, le Foreign Account Tax Compliance Act, a été adopté par les États-Unis en 2010 afin d’identifier notamment les actifs financiers détenus à l’étranger par des contribuables américains.
Les établissements financiers étrangers ont de fortes incitations à participer au système FATCA, car un défaut de coopération peut affecter leur accès au système financier américain.
Les accords intergouvernementaux, comme celui conclu entre la France et les États-Unis, permettent aux établissements financiers locaux de transmettre les informations par l’intermédiaire de leur propre administration fiscale.
Vous trouverez davantage d’informations sur le fonctionnement du système dans notre article Qu’est-ce que FATCA ?.
Le 14 septembre 2026, le Conseil d’État a rejeté la demande visant à suspendre temporairement le transfert des données FATCA de la France vers les États-Unis.
Les requérants faisaient notamment valoir que les circonstances avaient évolué depuis de précédentes décisions françaises concernant FATCA.
Une évolution importante concerne la Belgique, où des questions relatives à FATCA et au droit européen ont été soumises à la Cour de justice de l’Union européenne.
La procédure française revenait donc notamment à demander si les transferts devaient être suspendus par précaution dans l’attente de nouvelles clarifications européennes.
Le Conseil d’État n’a pas retenu cet argument.
Il a estimé qu’à ce stade les éléments présentés ne faisaient pas naître un doute suffisamment sérieux sur la légalité de la décision du gouvernement pour justifier une suspension provisoire.
La conséquence pratique est claire :
La France continue de transmettre des informations FATCA aux États-Unis.
Cela ne signifie cependant pas que toutes les questions juridiques relatives à FATCA et à la protection des données en Europe sont définitivement réglées.
La Belgique occupe désormais une place importante dans le débat européen sur les transferts de données FATCA.
En 2023, l’Autorité belge de protection des données avait estimé que certains transferts concernant des Accidental Americans belges vers les États-Unis étaient incompatibles avec le RGPD et avait ordonné leur interruption.
Cette décision n’a pas mis fin à la procédure.
La Cour des marchés belge a ensuite annulé cette décision et le litige s’est poursuivi.
L’affaire a désormais atteint une étape particulièrement importante, puisque la juridiction belge a soumis plusieurs questions préjudicielles à la Cour de justice de l’Union européenne.
Ces questions portent notamment sur :
Les réponses pourraient donc avoir des conséquences bien au-delà de la Belgique.
Cette incertitude européenne faisait partie des arguments avancés pour suspendre temporairement les transferts français.
Pour l’instant, la France ne l’a pas fait.
Des questions similaires ont déjà été examinées par les tribunaux néerlandais.
Des Accidental Americans vivant aux Pays-Bas ont cherché à empêcher l’administration fiscale néerlandaise de transmettre leurs informations financières à l’IRS.
Ils soutenaient notamment que les règles européennes de protection des données leur permettaient de s’opposer au traitement de leurs données ou d’en demander la limitation.
Le tribunal de Gelderland a rejeté ces arguments.
Selon le tribunal, l’accord FATCA entre les Pays-Bas et les États-Unis impose à l’administration fiscale néerlandaise une obligation légale de transmettre les informations concernées aux États-Unis.
Les transferts FATCA entre les Pays-Bas et l’IRS se poursuivent donc également.
FATCA a été mise en place comme instrument de lutte contre l’évasion fiscale internationale.
Mais elle concerne également des personnes dont les liens avec les États-Unis peuvent être très limités.
Un Accidental American peut avoir acquis automatiquement la nationalité américaine en étant né aux États-Unis ou, dans certaines situations, par l’intermédiaire d’un parent américain.
Cette personne peut néanmoins :
Sa vie financière peut être entièrement située en France ou ailleurs en Europe, tout en restant concernée par le système fiscal américain et par FATCA.
Non.
Le transfert d’informations sous FATCA ne signifie pas que chaque compte déclaré entraîne automatiquement un contrôle de l’IRS ou une imposition américaine.
L’IRS reçoit de très grandes quantités d’informations FATCA provenant d’établissements financiers et d’administrations fiscales étrangères.
Un rapport publié en 2026 par le Treasury Inspector General for Tax Administration a montré que les actions de contrôle fondées sur les données FATCA sont restées relativement limitées jusqu’à présent.
Cela ne supprime toutefois pas d’éventuelles obligations fiscales ou déclaratives américaines sous-jacentes.
La déclaration FATCA et la situation fiscale américaine d’une personne sont liées, mais elles ne constituent pas la même chose.
Nous expliquons cette distinction plus en détail dans notre article Données FATCA IRS des Américains à l’étranger : ce que montre le nouveau rapport TIGTA.
Non.
La décision de septembre concernait une demande de suspension provisoire des transferts FATCA français.
Le Conseil d’État a rejeté cette demande.
Cela ne constitue pas une décision européenne définitive selon laquelle tous les aspects de FATCA seraient conformes au RGPD ou au droit de l’Union européenne.
Des questions importantes restent actuellement devant la Cour de justice de l’Union européenne à la suite de la procédure belge.
Dans l’attente de nouvelles clarifications, les accords FATCA existants continuent cependant de s’appliquer.
Pour un Accidental American, le débat juridique autour de FATCA et la question pratique de son propre statut américain doivent être considérés séparément.
Une contestation de FATCA devant les tribunaux ne supprime pas automatiquement les obligations fiscales ou déclaratives américaines existantes.
Une personne qui découvre qu’elle est considérée comme citoyenne américaine ou U.S. person, mais qui n’a jamais déposé de déclaration fiscale américaine, doit donc d’abord déterminer quelles obligations s’appliquent réellement à sa situation.
Pour certains Américains vivant à l’étranger qui n’ont jamais déclaré, la Streamlined Procedure peut permettre de régulariser leur situation, sous réserve de remplir les conditions applicables.
D’autres peuvent envisager de conserver ou de renoncer à leur nationalité américaine.
La renonciation est une décision juridique, financière et personnelle distincte. Elle ne doit pas être considérée comme une simple réponse à FATCA.
La décision française constitue un nouveau chapitre d’un débat européen beaucoup plus large sur FATCA, la protection des données et la situation des Accidental Americans.
Pour l’instant, la situation pratique est claire :
Les transferts de données FATCA de la France vers les États-Unis se poursuivent.
Il en va actuellement de même aux Pays-Bas.
Au niveau européen, plusieurs questions importantes restent toutefois sans réponse. La procédure belge pourrait à terme permettre à la Cour de justice de l’Union européenne d’apporter davantage de précisions.
Americans Overseas continuera de suivre ces évolutions et leurs éventuelles conséquences pour les Américains et les Accidental Americans vivant en Europe.
Cet article fournit uniquement des informations générales et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique individuel. Votre situation fiscale américaine et vos obligations déclaratives dépendent de votre situation personnelle.
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Sources:
Comprendre le système fiscal des États-Unis, les obligations et tous les termes supplémentaires peut être difficile. Surtout si l'on vit en dehors de l'Amérique. Votre question n'a pas été répondue? Contactez-nous.
Les citoyens américains vivant à l'étranger et les étrangers résidents doivent généralement remplir une déclaration d'impôt fédérale et payer des impôts sur leurs revenus mondiaux.
Plus d'informations... à propos de Qui est tenu de déposer des taxes aux États-Unis ?Oui, les citoyens américains sont tenus de déclarer leurs revenus mondiaux, peu importe où ils vivent.
Plus d'informations... à propos de Les citoyens américains vivant à l'étranger doivent-ils toujours déclarer leurs impôts aux États-Unis?Avez-vous reçu un chèque américain ? Vous pouvez encaisser votre chèque de la manière suivante : encaisser le chèque à votre propre banque, transférer à une autre personne (endossement), encaisser les chèques à l'aide d'un service en ligne ou encaisser le chèque par une autre banque.
Plus d'informations... à propos de Comment puis-je encaisser mon chèque américain?Les citoyens américains vivant à l'étranger peuvent être tenus de remplir le formulaire 2555 et/ou le formulaire 1116 pour revendiquer l'exclusion des revenus étrangers gagnés.
Plus d'informations... à propos de Existe-t-il des formulaires fiscaux spéciaux requis pour les citoyens américains vivant à l'étranger?La déclaration FBAR (Foreign Bank Account Report) est l'obligation pour certaines personnes et entités américaines de déclarer leurs comptes financiers étrangers au Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) du Département du Trésor des États-Unis. L'obligation de déclaration FBAR s'applique aux personnes américaines qui ont un intérêt financier ou un pouvoir de signature sur un ou plusieurs comptes financiers étrangers, si la valeur totale de ces comptes dépasse 10 000 dollars à un moment quelconque de l'année civile.
Plus d'informations... à propos de Qu’est-ce que la FBAR ?Oui. En septembre 2026, le Conseil d’État a rejeté une demande visant à suspendre temporairement les transferts de données FATCA. Le dispositif FATCA existant entre la France et les États-Unis continue donc de fonctionner.
Selon les obligations de déclaration applicables, les informations peuvent comprendre le nom, l’adresse et le numéro fiscal américain du titulaire du compte, ainsi que le numéro du compte, son solde ou sa valeur et certaines informations financières associées.
Non. La décision de septembre 2026 portait sur une demande de suspension temporaire des transferts de données FATCA. Le Conseil d’État a estimé qu’il n’existait pas, à ce stade, de doute suffisamment sérieux pour justifier une telle suspension provisoire.
La Cour des marchés belge a soumis 13 questions concernant FATCA et le droit européen à la Cour de justice de l’Union européenne. Les réponses pourraient fournir des indications importantes sur les transferts de données FATCA et les règles européennes de protection des données.
En règle générale, une personne ne peut pas simplement refuser une déclaration FATCA lorsqu’une banque ou une administration fiscale est soumise à une obligation légale de transmission. Les règles précises dépendent toutefois du pays, de l’établissement financier et de la situation individuelle.
Non. FATCA est avant tout un système de déclaration et d’échange d’informations. Le fait qu’un compte soit déclaré dans le cadre de FATCA ne détermine pas à lui seul si un impôt américain est dû. L’obligation fiscale et les obligations déclaratives dépendent de la situation individuelle.